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Rue Cases-Nègres, conte cinématographique d'une vie antillaise

Rédigé par

1.10.2015

Synopsis
José 11 ans, qui raconte lui même son histoire, vit  dans une immense plantation à Petit-Morne dans la commune de Rivière-Salée, à une époque ou les békés contrôlent l’économie et les Noirs sont pauvres et exploités.
Orphelin, il est élevé par son affectueuse grand-mère, M’man Tine dans la rue Cases-Nègres : 2 deux rangées de cases de bois et de paille alignées où, d’abord les esclaves puis les travailleurs libres vivaient. A une époque où l’éducation jour un rôle prépondérant dans une société encore largement coloniale, elle n’a qu’un rêve : faire étudier José.
La journée, les parents travaillent aux champs, et les enfants vont à l’école, devenue obligatoire, sauf pendant les vacances d’été où ils sont les maîtres de la rue. M’man Tine refuse que son petit-fils, comme elle, trime dans les champs et nourrit l’espoir qu’il sorte de cette vie en allant à l’école et ai une meilleure vie que la sienne. Bon élève et curieux, José obtient son certificat d’études puis, par concours, un quart de bourse.
Mais cela est insuffisant pour lui payer ses études… M’man Tine décide alors d’aller vivre avec José à Fort-de-France, la capitale et, pour lui donner toutes les chances, de travailler encore plus dur pendant que lui se concentre sur les cours pour obtenir une bourse complète, suffisante pour assurer ses études. Au lieu de travailler aux champs, elle travaille en ville chez des békés.
Quand, par ses bons résultats, José se voit attribuer une bourse complète, rassurée sur le sort de son petit-fils, la raison de vivre de M’man Tine disparaît, ses forces l’abandonnent et elle meurt…
Les messages du film
Chronique douce-amère de la Martinique de la première moitié du siècle, ce film permet de mieux comprendre la situation historique post-esclavagiste aux Antilles et la réalité coloniale pour les habitants.
Il fait appel à la mémoire collective nous plonge dans un contexte social spécifique nous montrant sans appuyer, ni pointer du doigt le problème de l’identité antillaise, à travers les yeux du petit José petit Français pauvre, Antillais qui s’extrait de sa condition sociale grâce à la persévérance de son aïeule et à l’éducation dispensée par l’école républicaine.
En observant son entourage se faire exploiter sans rien dire, il apprend à revendiquer de plus en plus sa personnalité, décidé à ne pas subir d’injustices et à étudier suffisamment pour pouvoir, plus tard, témoigner de tout cela.
L’aspect humain y tient aussi une place prépondérante. M’man Tine, vieille dame généreuse qui se serait sans doute laissée mourir depuis longtemps usée par l’âge et le travail, se tue littéralement à la tâche pour permettre à José de s’extraire de sa condition sociale. Elle vit pour son l’épanouissement fait le travail ingrat, paie de sa personne tandis que José apprend réfléchit, assimile, découvre.
Quand elle apprend que l’État va prendre en charge son éducation, c’est à la fois la délivrance et la fin.
Il faut savoir que :
– Après sa sortie, Rue Cases-Nègres obtient un succès public national (restant 40 semaines à l’affiche et faisant 360 000 entrées) et international  et obtient plus de 17 prix internationaux:  4 récompenses à la Mostra de Venise, dont le Lion d’Argent et le Prix d’Interprétation pour Darling Légitimus. Le César de la meilleure première œuvre.
– Le groupe Malavoi a composé les musiques des génériques de début et de fin du film.
La réalisatrice
Euzhan Palcy a décidé de réaliser ce film car adolescente, elle avait découvert le roman de Joseph Zobel qui l’avait touché au plus au point. Mais elle s’est heurté à la réticence des financeurs (pour un  budget d’environ 3,5 millions de francs, soit environ 500 000 euros), certains bailleurs de fonds étant gênés par le fait que le film rappelait que la République avait été esclavagiste, colonialiste, et que les Antillais en sont la mémoire vivante, les victimes, et craignant que le film provoque un sentiment de culpabilité de la part de ceux qui ne connaissent pas ou ne veulent pas connaître l’histoire de France.
Avec moins de difficultés, elle réalise aux États-Unis Une Saison blanche et sèche, d’après le roman d’André Brink sur l’apartheid, avec des grands acteurs comme Donald Sutherland, Susan Sarandon et Marlon Brando. Elle devient, la première réalisatrice noire produite à Hollywood.
En 1992 elle réalise son troisième long métrage, Siméon, un conte musical fantastique qui se déroule en Guadeloupe et à Paris. En 1995, elle est nommée Chevalier de l’Ordre national du Mérite et en 2004, elle obtient même la Légion d’honneur.

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