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Qu’est-ce que la Caraïbe ?

Rédigé par

11.02.2016

La zone géographique

La Caraïbe (ou les Caraïbes) est un sous-ensemble du continent américain correspondant au bassin de la mer des Caraïbes.

Il y fait chaud tout au long de l’année, le climat y étant principalement tropical avec une moyenne de 30 degrés Celsius. Ses habitants sont les Caribéens.
Elle comprend l’arc antillais (Grandes Antilles et Petites Antilles), la péninsule du Yucatán, la façade caraïbe de l’Amérique centrale, ainsi que les plaines côtières de Colombie, du Venezuela et le plateau des Guyanes. Les Bahamas, les Îles Turques-et-Caïques, les Keys y sont aussi inclus. Elle est composée d’un grand nombre d’États et de territoires dépendants dont les 2 tiers commercent avec leur ancienne métropole coloniale ou avec les États-Unis. Ils se sont organisés en 1994 en une entité régionale internationale : l’Association des États de la Caraïbe (AÉC) afin de renforcer la coopération entre ses membres et pour « consolider une identité caribéenne propre » en menant des actions conjointes dans le commerce, le tourisme, l’environnement, les transports… face aux autres grandes puissances économiques. L’AEC compte 25 États membres et 8 membres associés en tant que territoires non indépendants : la France, pour représenter Saint-Barthélemy et Saint-Martin. La Martinique et la Guadeloupe sont membres en leurs noms propres 2014.

L’empreinte indélébile de l’Histoire

L’appellation de « Caraïbe », apparait fin du XIXème siècle, durant l’extension géopolitique des États-Unis dans le bassin. C’est un arc-carrefour, où se sont rencontrées toutes les grandes civilisations européennes. L’étymologie du nom, inventée par les Européens, est un dérivé de « Karib », nom donné par les colons aux Kalinagos, l’un des derniers peuples autochtones de ces îles. Dans leur langue, « karibna » désignait un individu. Pour les autres peuples de la Caraïbe, il désignait les Kalinagos et signifiait « brave, courageux ». Par leur contact précoce avec ces autres peuples, les Européens en vinrent à désigner les Kalinagos par le terme de « karibna », puis de « karib », racine à partir de laquelle se formeront les mots caribales, puis cannibales)
Le terme « Antilles », viendrait de « Antillia », une île légendaire du Moyen Age comme l’Atlantide, qui apparait sur les cartes de navigation européenne à partir du XVe siècle. Il pourrait aussi venir d’une étymologie latine désignant les « îles d’avant » le continent.
L’appellation d’Indes occidentales toujours utilisée en anglais (West Indies) est liée à l’erreur historique de Christophe Colomb certain de se trouver au Japon, à la porte des Indes…

Un espace complexe

Marquée par l’extermination de 3 millions d’Amérindiens, la déportation de plus de 50 millions d’Africains et des vagues d’immigration successives, la Caraïbe, s’identifie aussi par son héritage culturel et structurel de l’économie de plantation sucrière basée sur l’esclavage. Pour cela la région est considérée comme l’« Afro-Amérique » centrale.

Zone ethno-historique et socioculturelle, la Caraîbes comprend les îles, les Guyanes et les communautés noires du continent, comme il en existe au Panama ou en Colombie. 

L’impact durable du colonialisme y est perceptible dans presque tous les aspects de la société. L’un des plus évidents est sa fragmentation. Fragmentation linguistique (espagnol, anglais, français, néerlandais, et parfois portugais, parmi les populations d’origine brésilienne), sociale, religieuse, musicale, culinaire, ethnique, et la créolisation : forme de métissage qui touche les langues (créoles jamaïcain, haïtien, antillais), les croyances (vaudou haïtien, santeria cubaine, cultes baptistes, cultes rasta), la population (Noirs, Blancs, Indiens, Chinois, Javanais, Syrien etc..).

Les différentes perceptions de la Caraïbe

Il existe de nombreuses définitions de ce qu’est la région caribéenne. On distingue les suivantes :
La Grande Caraïbe ou « bassin caribéen », qui englobe tout les pays d’Amérique Centrale et le Nord de l’Amérique du Sud. La Caraïbe insulaire qui regroupe, en plus des îles, des territoires « insularisés » par d’autres facteurs que la mer, comme les Guyanes ou le Bélize, lieu de conflits entre les pouvoirs coloniaux européens. La définition géopolitico-culturelle qui définit la région soit hispanophone, soit anglophone, soit francophone.

Un sentiment d’appartenance partagé ?

Les Caribéens perçoivent différemment les limites de leur territoire selon des approches diverses basées sur la localisation, la culture, l’histoire, la langue, l’économie ou encore le statut politique. Même parmi ceux partageant une langue commune, il y a des critères différents de décision des endroits qui traduisent les images de la Caraïbe.
Certains accentuent leur appartenance à d’autres régions, comme l’Amérique du Sud, comme c’est le cas des Guyanes, ou l’Amérique latine, dans le cas des îles hispanophones. Les Cubains se définissent largement comme des « Latinos » et non comme des Caribéens. Pour la plupart des hispanophones, El Caribe fait allusion aux îles espagnoles de l’archipel et pour d’autres, se sont toutes les nations d’Amérique Centrale et du Sud qui ont des bordures côtières avec la mer des Caraïbes.

Les Martiniquais et Guadeloupéens ont développé un sentiment d’appartenance à part, une identité « antillaise », conséquence de la départementalisation en 1946

Pour les francophones il s’agit des îles, en particulier celles des Petites Antilles, les Françaises étant avant tout vécues comme des régions françaises. Les Martiniquais et Guadeloupéens ont développé un sentiment d’appartenance à part, une identité « antillaise », conséquence de la départementalisation en 1946. Le niveau de vie et l’éducation sont beaucoup plus similaires entre les Antilles françaises et la France que par rapport aux îles voisines. Par exemple les Martiniquais sont considérés comme de riches touristes à Sainte-Lucie ou en Dominique et les « Anglais » sont souvent perçus comme des travailleurs pauvres, des clandestins ou des trafiquants de drogues.
Les Guyanes (Guyana, Suriname, Guyane) apparaissent comme des marges floues de l’espace caribéen. Le Guyana — anglophone — est plus rattaché à la Caraïbe que le Suriname — néerlandophone. La Guyane — francophone, n’est quasiment jamais incluse dans l’espace caribéen tel qu’il est perçu. Les Guyanais ont une perception toute particulière, entre France, Caraïbe et Amazonie.

Plus d’informations sur la zone sur le site:  http://www.caribbean-atlas.com/

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