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Les 5 personnages clés de l’abolition de l’esclavage- partie 1

Rédigé par

23.05.2016

1 – Toussaint Louverture (1743-1803)

Le général Toussaint Louverture, né esclave sur une plantation de la colonie de Saint-Domingue (actuelle Haïti) est le personnage incontournable de ce siècle des abolitions de l’esclavage. Affranchi en 1776, il est lui-même à la tête d’une plantation de café où travaillent une vingtaine d’esclaves, avant de rallier le camp des républicains et de l’abolition de l’esclavage. Fin stratège militaire, ses victoires et ses choix stratégiques le propulsent gouverneur de la colonie qu’il administre pratiquement seul.
Irrité par les ambitions autonomistes de Toussaint Louverture, le Premier Consul de France Napoléon Bonaparte mettra fin à l’ascension du général en envoyant un corps expéditionnaire de 20000 hommes qui obtiendra la capitulation de Toussaint Louverture qui sera déporté en France où il mourra en 1803.
Malgré cette fin tragique, la portée du parcours de Toussaint Louverture est immense. En Haïti d’abord, il aboutit à l’indépendance du pays proclamée en 1804 par le lieutenant Jean-Jacques Dessalines. Haïti devient ainsi la première république noire et c’est aussi la première abolition de l’esclavage en Amérique. Dans l’ensemble du monde atlantique ensuite, la révolution haïtienne devient un symbole auquel vont se référer toutes les révoltes qui vont suivre et une hantise pour les colons qui craignent une répétition de ces événements dans les autres îles.

2 – Louis Delgrès (1766-1802)

Louis Delgrès est l’homme de la première abolition de l’esclavage. C’est un mulâtre né à Saint-Pierre et qui est militaire de carrière. Toute sa vie, il défendra l’idéal républicain, que ce soit contre les royalistes ou contre les anglais. Colonel de l’armée française affecté en Guadeloupe, il apprend que Napoléon Bonaparte, le premier consul a décidé de rétablir l’esclavage pourtant aboli en Guadeloupe depuis 1794. Il quitte alors l’armée française et organise la résistance.
Réunissant plusieurs centaines d’hommes et de femmes autour de lui, il s’oppose au général Richepance envoyé en Guadeloupe par Bonaparte. Engagé dans un combat inégal, il choisit la mort plutôt que la réédition et le retour à l’esclavage. Il meurt entouré de ses hommes à Saint-Claude en mai 1802.
La détermination de Delgrès préfigure celle des révoltes d’esclaves qui vont suivre le rétablissement de l’esclavage jusqu’à l’abolition définitive.

3 – Cyrille Bissette (1795-1858)

Beaucoup moins connu que Victor Schœlcher dont il a longtemps été l’adversaire politique, Cyrille Bissette illustre parfaitement le rôle joué par les mulâtres dans la lutte contre l’esclavage aux Antilles. En effet, c’est d’abord en défendant des intérêts de classe –celle des libres de couleur- que Bissette apparaît sur le devant de la scène politique.
On l’accuse d’être sinon l’auteur, au moins le responsable de la diffusion d’une brochure intitulée « De la situation des gens de couleur libres aux Antilles françaises ». Au départ, il s’agit donc plus d’obtenir une égalité de droits avec les maîtres blancs que de libérer les noirs de l’esclavage. Condamné au bagne puis au bannissement, il s’installe à Paris. C’est seulement à ce moment qu’il se radicalise et s’engage pour une abolition complète et totale de l’esclavage en douceur et sans effusion de sang.
Il met sa plume au service de la lutte contre l’esclavage et est à l’origine de nombreuses brochures et pétitions dans ce sens. Le rôle joué par Cyrille Bissette dans l’émergence du courant abolitionniste est donc incontestable. Si ce rôle est relativement méconnu, c’est certainement parce que l’historiographie a privilégié le personnage de Victor Schœlcher qui correspond à l’idée d’une abolition octroyée par la république et non à celle d’une liberté conquise par les anciens esclaves.
 
 
 

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