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Je rentre au pays : Journal d’une fille bien #optiontchiiip. Partie 35

Rédigé par Christ-Laur Phillips

21.05.2016

Je suis rentrée au pays et depuis plusieurs mois, je vous raconte mes aventures, mes joies, mes peines… Je suis rentrée à Paris, mais je ne savais pas que ce serait pour assister au plus triste des départs.

Ce n’est qu’un au-revoir 

Cette semaine, ce sont les larmes qui fournissent de l’encre à ma plume car j’ai perdu un des rares hommes que j’admirais. Il n’est pas nécessaire de vous donner son nom car nous avons tous un homme comme ça dans notre entourage, un homme qui sort de l’ordinaire, qui peut faire rire et imposer le respect en une fraction de seconde, un homme avec qui on blague, mais avec lequel on ne joue pas.
Moi, cet homme s’en est allé après des années de lutte contre cette saloperie que l’on nomme cancer. Je l’ai vu changer physiquement, mais il n’a jamais perdu ni son étincelle ni sa combativité même si cette bataille était injuste au possible.
Couché sur son lit de mort, entouré de tous ceux qui l’aimaient, et Dieu sait qu’il y en avait, il a distribué clins d’oeil et poignées de main jusqu’à ce que ses dernières forces le quittent. Même à ce moment là il a été réconfortant et nous a soutenu jusqu’à l’épuisement. Ca me brise le coeur d’écrire ces mots…
Personne n’oubliera le grand défenseur du patrimoine qu’il était. Le créole, l’humour, la philosophie et le Kasé Kô sont toujours restés ses modes de communication et il a communiqué de la vie et distribué de l’amour à tout va. Marquant les esprits du plus grand n ombre.
Quand j’ai appris sa mort j’ai eu mal, très mal, mais je me suis forcée à sortir de mon lit. J’ai été au restaurant même si mon repas a été assaisonné de larmes. J’ai été au cinéma même si parfois ma vue était brouillée par ces mêmes larmes. J’ai tenu à célébrer la vie de mon G, et pas sa mort. Jamais.
A l’heure ou j’écris ces mots, les hommages se multiplient, mais les rancoeurs aussi et c’est bien cela le plus terrible. Je ne compte plus ceux qui sont en compétition pour savoir qui étaient ses vrais amis, qui était là ou pas à ses côtés. On commente, on analyse, on questionne, on salit aussi un peu aussi…
Comme si le trépas d’un homme qui rassemblait n’était pas suffisant pour assurer l’unité. Ce n’est heureusement pas la quantité qui compte, mais la qualité. Bon voyage Mr G, embrasse Bob Marley pour moi et préparez nous un Kasé Kô avec Man Serotte en attendant notre tour !

Je rentre au pays : Journal d’une fille bien #optiontchiiip. Partie 34

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