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Le Blackface, instrument du racisme aux États-Unis

Rédigé par

28.01.2016

Les Origines

A l’origine, le Blackface était une forme théâtrale très populaire au XIXème siècle qui avait pour but de caricaturer et tourner en ridicule les Noirs afin d’amuser les Blancs.
C’était un divertissement pratiqué par des troupes ambulantes dans des Minstrel Shows: spectacles burlesques mêlant chants, danse, musique et scènes comiques.
Il fût ensuite transposé aux vaudevilles où des acteurs Blancs se couvraient de maquillage pour imiter des Noirs. Ses origines remonteraient à la tradition,  au Portugal, d’exhiber les esclaves au XVème siècle quand ils étaient exposés et vendus.

Callender's Colored Minstrels plantation scene

Callender’s Colored Minstrels plantation scene


C’est un acteur blanc qui amena le Blackface dans la culture théâtrale des Etats-Unis en jouant à New York en 1769, à la première de The Padlock, pièce  de théâtre britannique, dans le rôle de « Mungo », un Noir ivre.
Suite à son succès, d’autres comédiens adoptèrent ce style et rendirent populaires les Minstrels, les clowns Blackface aux États-Unis.
Au début, les représentations ont lieu dans des endroits peu respectables de la ville puis  elles accèdent à des salles plus prestigieuses. La popularité des  Minstrel shows a même incité la construction de salles de théâtre grandioses à travers le pays afin d’accueillir un nombre croissant de spectateurs.

Le genre

Le Blackface est un mélange parodies, chansons drôles et danses dynamiques interprétés par des personnages noirs stéréotypés. Il se jouait en solo ou en duo, parfois en trio.
Les Noirs y sont représentés comme ignorants et superstitieux, bouffon, paresseux, peureux, voleur, menteur, raffolant de pastèques et de poulet, doués uniquement pour la musique et la danse, parlant très mal anglais. La musique et la danse sont au cœur des spectacles, piliers de leur popularité.
Les premières représentations remonteraient à la fin du XVIIIème siècle, plusieurs types de personnages Blackface ont alors commencé à apparaître aux États-Unis. Avant, le sketch satirique était jusque là cantonné à l’entracte, à un court numéro ou comme intermède.
Après avoir gagné en popularité dans les années 1830- 1840  il devient, début du XXème siècle un genre à part entière puis disparaît dans les années 60 suite aux combats menés par les afro-Américains et à l’obtention de leurs droits civiques. Le Blackface a été depuis aboli, et constitue un acte de racisme condamné par la loi.

Blackface Minstrel Show -1907

Blackface Minstrel Show -1907

L’effet comique

L’effet comique du Blackface est censé résulter du fait qu’un Blanc soit grimé en Noir en se noircissant le visage avec un mélange contenant du charbon, en se faisant des yeux exorbités, une chevelure afro, en peignant leurs lèvres en rouge pour les rendre plus grosses, en prenant un «accent», et parlant «petit nègre».
Les premiers comédiens sont tous des hommes, même pour les rôles de femmes -sont souvent soit laides et masculines, soit de grosses matrones, soit des provocatrices sexuelles – pour lesquels ils se travestissaient.Chaque spectacle se composaient de blagues et sketches dégradants sur les noirs pour faire rire le public.

Affiche publicitaire avec un Pickaninny

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La semaine prochaine, retrouvez sur Blake’s, la seconde partie de notre article sur le Blackface. Vous découvrirez les caractéristiques et l’évolution de ce mouvement….

Blackface : Le racisme dans le divertissement – partie 2


 

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