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Guyane : Il était une fois… Les traités d’Utrecht

Rédigé par Christ-Laur Phillips

7.12.2020

Et bien figurez vous que, signés le 11 avril et le 13 juillet 1713 sous le règne de Louis 14, ils mirent fin à la guerre de Succession d’Espagne, et définirent les frontières occidentales de la Guyane…

Les frontières guyanaises définies au 18ème siècle

Le traité de Tordesilas partage l’Amérique du Sud…

Mais avant de nous pencher sur ces signatures, remontons 300 ans plus tôt, quand au 15ème siècle, le pape Alexandre 6 avait, via le traité de Tordesillas, partagé l’Amérique du sud à la hauteur de l’estuaire de l’Amazonie, entre les Espagnols et les Portugais, évitant ainsi un conflit entre deux très fidèles sujets de la papauté.
Le Portugal s’est donc emparé du Brésil, mais l’Espagne a dédaigné le plateau des Guyane, dont la côte était trop inhospitalière à son gout, lui préférant le Pérou et le Mexique…

Et c’est dans ce vide, créé par l’indifférence espagnole, que se sont engouffrés les Anglais, Hollandais et bien évidemment, les Français !

Bon, revenons-en à nos traités d’Utrecht, qui mettaient fin à 14 ans de conflit, ayant opposé les plus grandes puissances européennes de l’époque, et dont le but, était de désigner un successeur au trône d’Espagne.
Ces traités ont obligé l’Espagne à céder à la Grande-Bretagne le monopole de la traite des Noirs dans les colonies d’Amérique pour une période de trente ans, et, concernant la Guyane, , à asseoir la présence française en Amérique du Sud avec la désignation du fleuve de l’Oyapock comme frontière entre la France et le Portugal… Mais cela ne s’est pas fait sans peine…
Il faut savoir qu’à cette époque, la Guyane n’est qu’une lointaine colonie jugée peu rentable pour la France. C’est pour cette raison que les diplomates qui rédigèrent l’article 8 du traité d’avril, restèrent assez vagues sur les limites de la frontière franco-portugaise…

De ce flou, naitrons de nombreuses contestations et zones de conflits…

Au début du 19e siècle, Napoléon Bonaparte tente de régler le litige et déplace la frontière au gré des traités européens avant d’être officiellement fixée sur le rio Araguari.
Mais l’absence d’occupation française du territoire incite les Portugais à s’y installer durablement, et ce, jusqu’à ce que le Congrès de Vienne, en 1817, rende officiellement la Guyane à la France, jugeant l’occupation portugaise illégale…

Un conflit exacerbé par la ruée vers l’or 

Décision qui n’empêche pas les conflits de reprendre de plus belle à la fin du 19e, avec la ruée vers l’or.
A cette époque, ce sont plus de 20 000 Français, Hollandais, Brésiliens et Vénézuéliens qui convergent vers cette frontière fragile et de violents incidents éclatent en 1894 et 1895…
Face à cette montée de violence, l’arbitrage international du Conseil fédéral suisse est sollicité et en 1900, la France et le Brésil se mettent d’accord sur l’application de nos fameux traités d’Ustrecht.
Pourtant, les débats reprennent de plus belle quant au fleuve choisi pour délimiter la frontière entre le Brésil et la France.
Face au géographe français Paul Vidal de la Blache, la verve du baron Rio Branco, qui était déjà intervenu dans les débats concernant la frontière entre le Brésil et l’argentine, permet au Brésil de récupérer l’Amapa et finalement, la frontière définitive , celle qui est reconnue jusqu’à ce jour, s’étend sur 430 km, des sources de l’Oyapock à son estuaire….

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