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Guy Konket, l’esprit du Gwoka

Rédigé par

6.06.2015

Guy Konket est né en 1950 en Guadeloupe à Baie-Mahault. Il est initié à la musique traditionnelle très tôt par sa mère Man Soso, travailleuse dans les champs de canne, mais aussi grande chanteuse et danseuse des bals de campagne et « lewoz ». Auprès des anciens (Carnot, Loyson ou Vélo) il apprend les sons, les rythmes, le chant et pratique le gwoka, le tambour d’antan. Il se lance alors sans relâche dans sa reconquête et il fera désormais partie de sa vie, sera son engagement jusqu’à ses derniers jours.
Alors que le gwoka est menacé de disparaître dans le folklore, méprisé par la bonne société guadeloupéenne, considéré comme « musique de vieux nègres », Guy Konket mène un combat pour la reconnaissance de ce vestige de l’histoire locale en en faisant ressortir toute sa noblesse. Il a été un des premiers à faire monter sur scène ces tambours ancestraux, en introduisant calebasse, guitare basse, piano, flûte, synthé, tout en gardant la discipline du Ka et sa personnalité propre.

Une image nouvelle du tambourinier

C’est dans les années 60, engagé dans le mouvement indépendantiste sans jamais se laisser enfermer dans un parti ni système, qu’il propage une image nouvelle du tambourinier, apportant une dimension militante aux paroles pour dénoncer les situations politiques et sociales locales. Ses chansons sont interdites de diffusion sur les radios officielles, mais prennent tout leurs sens durant les émeutes de 1967, dont La Gwadloup malad un de ses titres les plus connus, deviendra un hymne.
En 1975, il devient porte-parole de son île et part en tournée à Paris, ouvrant le gwoka au monde en se mêlant aux artistes de Jazz, liant à la fois tradition et modernité.

Guy Konket était un électron libre. Il aimait jouer et monter sur scène quand ça lui plaisait, imposait son swing, sa force identitaire, sa voix puissante. C’était un homme qui aimait la vie, les femmes, la cuisine, l’alcool, les excès. Ce sont d’ailleurs ces derniers qui l’ont emporté à l’âge de 62 ans, le 23 mai 2012, date de la commémoration des victimes de l’esclavage colonial… Sa disparition a laissé un grand vide aussi bien chez les adeptes de du Ka et chez les défenseurs de la culture et de l’identité créole.

Le gwoka, l’âme et l’arme d’un peuple

Guy Konket était une voix, une énergie un paysan-prince, un homme charismatique resté intact dans son engagement, pour qui le gwoka puise dans les profondeurs de l’Histoire, est « L’âme et l’arme d’un peuple » entrant en 2014 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. La tâche de Guy Konket est accomplie.
 


 
+Supplément
Le gwoka musical traditionnel de la Guadeloupe, joué aveGwo'kac des tambours appelés « Ka », né durant l’esclavage qui tire ses origines dans la perpétuation de la musique africaine par les esclaves. La musique, comme la langue créole était un moyen d’évasion et de communication. L’origine du nom serait la déformation créole « gwoka » de « gros-quart », mesure des tonneaux à partir desquels les esclaves confectionnaient leurs instruments. Mal vu pendant des décennies, il s’affirme aujourd’hui comme première musique et danse de la Guadeloupe.

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