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Akon parle humanitaire et religion au Festival Mawazine 2015

Rédigé par

6.06.2015

Akon est l’une des nombreuses stars invitées au Festival Mawazine qui se déroule du 29 mai au 6 juin à Rabat au Maroc. Ce festival unique en Afrique réunit des artistes internationaux, locaux et originaires de tout le continent   Le 3 juin, avant son concert au Maroc sur la scène OLM Souissi, Akon a donné une conférence de presse à laquelle Blakes a eu la chance d’assister. Le chanteur d’origine sénégalaise qui a passé son enfance dans ce pays a parlé de son engagement en Afrique et a aussi évoqué un thème sensible : la religion. Musulman pratiquant, Akon a parfois été critiqué pour son mode de vie dans le showbusiness.
Avant de répondre à nos questions sur le sujet, Akon a parlé de son implication en Afrique où il agit à travers de nombreux projets dont Akon Lighting Africa Solar Academy qui apporte l’électricité dans des régions reculées de 11 pays africains, grâce à des panneaux solaires. L’interprète du tube Lonely a expliqué : « Le « lighting project » est un projet unique en son genre. On a compris que l’électricité était vraiment un besoin en Afrique. C’est parti du fait que je me rendais dans ces régions isolées pour faire des concerts, mais qu’il n’y avait pas d’électricité. De là a germé l’idée que le développement de l’Afrique passe par le développement de l’accès à l’électricité. Et l’énergie solaire s’est imposée comme une évidence, compte tenu du fait que l’Afrique est baignée de lumière, alors que nous sommes en pleine crise énergétique. Par ailleurs, l’éducation autour de l’écologie n’est pas très répandue, alors on a décidé de créer une académie pour éduquer les gens sur place. Pour chaque projet dans chaque pays, nous avons des gens sur place qui sont formés via notre académie. »
Au sujet de son engagement humanitaire, Akon est très clair, il fait du business avant tout et se sert de l’argent qu’il gagne pour aider son prochain. Il explique : « En matière d’humanitaire, pas seulement les artistes, mais tous ceux qui ont du succès dans leur vie devraient toujours aider les autres. En fait, seulement une poignée de gens est choisie pour avoir du succès ou de l’influence. Ces rares personnes sont élues par Dieu et choisies pour avoir ce pouvoir. Il est de leur responsabilité d’aider. La plupart des gens ne choisissent pas de ne rien faire, on a toujours le choix. Personnellement, ce que je fais peut être considéré comme de l’humanitaire, mais en fait c’est du profit. Je choisis les activités où je sais que ça aidera des gens au passage. Quitte à faire de l’argent, autant en faire en aidant les autres. C’est ma vision du business. Quand on me propose un projet, je me demande toujours en quoi ça va profiter à autrui et comment l’argent récolté servira d’autres projets. »
En plus d’être un artiste et un philanthrope, Akon est aussi et surtout un musulman pratiquant, qui a grandi au Sénégal, pays à majorité musulmane. En tant que star internationale, sa religion a été souvent remise en question, certains estimant même qu’un musulman n’a pas le droit de faire de la musique. Akon a tenu a répondre sur ce point et a eu droit à un tonnerre d’applaudissements après avoir déclaré : « Je viens du Sénégal et selon l’endroit du pays dont on vient, certains considéraient la musique comme « haram » [illicite en islam, ndlr] et l’islam et la musique ont toujours été mis en opposition. Moi je ne regarde pas la musique en tant que telle, mais l’intention que j’y mets.  Si vous regardez la prière en islam, elle est chantée. On prie de façon mélodieuse alors je ne vois pas comment la musique serait « haram ». Mais ce n’est que mon avis et mes propos n’engagent que moi. Demandez à n’importe qu’elle imam et vous aurez autant d’avis différents. Si vous décidez de faire de la musique, servez-vous-en pour faire le bien. Car la musique donne des opportunités que les gens normaux n’ont pas. Chacun à son libre arbitre et peut s’en servir pour faire le bien ou pour faire le mal (…). Nous ne sommes pas là pour juger, personne ne sait ce qui est permis ou interdit. Je ne juge pas les hommes et j’attends en retour qu’ils ne me jugent pas. Quels que soient vos choix, soyez justes, car Allah vous voit et vous ne pouvez rien lui cacher. Faites ce qui est juste, Dieu lit dans les coeurs. »
Belle philosophie de vie pour cet artiste au grand coeur.

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