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Esclaves en Libye : Macron dénonce un crime contre l'humanité

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22.11.2017

La vidéo de CNN est devenue virale. Le 14 novembre dernier, la chaîne d’information américaine a diffusé des images effroyables. Des hommes, noirs, pieds et poings liés, vendus comme de vulgaires marchandises en Libye.

Le retour d’un effroyable commerce

On pensait que la traite négrière était un lointain et mauvais souvenir. Et pourtant, CNN a rappelé au mode qu’il existe encore des endroits sur terre où l’homme noir n’est justement pas considéré comme un homme.
En Libye, les migrants d’Afrique subsaharienne, noirs, sont capturés, enfermés puis vendus sur des marchés aux esclaves. Ces scènes inhumaines et d’un autre âge ont lieu en plein jour dans ce pays limitrophe de la Tunisie.
Nima Elbagir, la journaliste qui a vu une vente de ses propres yeux raconte comment 12 Nigériens ont été vendus en quelques minutes. L’enchère démarrée à 500 dinars est montée jusqu’à 1 200, soit 745 euros.
745 euros, c’est donc le prix de la vie et de la liberté d’un homme en Libye. Les malheureuses victimes de cette effroyable traite sont livrées en pâture à des acheteurs sans vergogne. Dieu seul sait ce qu’il leur arrive ensuite.
Les « esclaves » proviennent d’un camp de migrants établi non loin de Tripoli, la capitale. La journaliste a pu interroger une victime qui raconte : « J’ai été vendu sur mon chemin pour venir ici. La personne qui est venue m’acheter leur a donné l’argent et m’a ramené chez elle. »
Malgré des preuves accablantes et une vidéo, les autorités libyennes préfèrent regarder sur le côté. Elles évoquent des rumeurs et font mine de bien vouloir enquêter.
Une attitude bien légère, alors que le reste du monde n’a pas tardé à s’indigner.
Ce mercredi 22 novembre, depuis l’Elysée où il rencontrait Alpha Condé, président de la Guinée et de l’Union africaine, Emmanuel Macron a déclaré : « La dénonciation par la France est sans appel. Il faut que nous puissions aller beaucoup plus loin pour démanteler les réseaux ». Sans détour, le président a parlé de « crime contre l’humanité« .

Le Rwanda tend la main aux migrants

Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères, a annoncé que le Rwanda était prêt à ouvrir ses portes aux migrants.
Elle a déclaré ce 22 novembre : « Le Rwanda discute actuellement pour voir comment il peut aider à accueillir des migrants prisonniers en Libye ». Selon elle, le Rwanda pourrait accueillir près de 30 000 réfugiés.
C’est la gravité de la situation, mais aussi le lourd passé de ce pays décimé par une guerre civile sanglante qui le pousse à tendre la main aux migrants échoués en Libye. En 1994, le génocide rwandais a fait 800 000 morts.
Choquée, la ministre ajoute :
Le Rwanda, comme le reste du monde, a été horrifié par la tragédie actuellement en cours en Libye où des hommes, des femmes et des enfants africains qui étaient sur la route de l’exil, ont été arrêtés et transformés en esclaves.
Étant donné la philosophie politique du Rwanda et notre propre histoire, nous ne pouvons pas rester silencieux quand des êtres humains sont maltraités et vendus aux enchères comme du bétail. »
On n’aurait pas dit mieux.
En espérant que les responsables de ce commerce indignes soient condamnés pour leurs actes.
 

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