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Danses et musiques traditionnelles des Antilles-Guyane françaises

Rédigé par

14.10.2015

Nous vous proposons un petit tour d’horizon en deux parties des danses et musiques traditionnelles de chez nous avec  le Bèlè, Gwoka, Buguine et Mazurka.

Danses et musiques traditionnelles de chez nous

Le bèlè/Bel air : a été créé par les ancêtres africains déportés en Martinique, qui n’ayant pas le droit de parler leur langue, jouer leur musique et pratiquer leur religion, ont développé ce moyen de communication. Véritable pan de la culture martiniquaise, il se joue avec 1 ou 2 instruments: le  tambour bèlè, fabriqué avec des lattes de tonneaux de chêne ayant servi à vieillir le rhum ; et le Ti Bwa/, 2 : baguettes de bois qu’on frappe sur l’arrière du tambour. C’est le « Ti-bwatè » (le joueur de ti bwa) qui donne le rythme de base, tandis que « le Kon’lambi » (coquille de lambi) et le chacha peuvent aussi intervenir. Il existait plusieurs bèlè se jouant à des moments précis : les bèlè de divertissement, de veillées mortuaires, de travail, de danse. Le bèlè peut être dansé seul, en couple, en groupe, ou encore en quadrille. Les chants sont en créole et évoquent des sujets de société.
Le Gwoka : désigne les musiques, chants et danses pratiqués sur le tambour guadeloupéen, le ka. Il est le résultat d’un métissage culturel et remonte au temps de l’esclavage au début du 18ème siècle. Les recherches musicologiques ont permis de trouver ses racines dans les percussions et dans les chants des pays de la côte ouest du continent africain. Au même titre que le créole, comme en Martinique, les esclaves ont élaboré un outil de communication, un art nouveau. Il se pratique lors de rassemblements populaires qui ont lieu les vendredis et samedi soirs nommés léwoz. La musique était présente dans tous les actes de la vie quotidienne : naissance, mort, gîte, révolte, tâches journalières, romances etc… d’où l’existence de différents types de chants ou styles Gwo ka. Est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco depuis 2014.
La Biguine : musique et danse locale par excellence elle est issue du métissage entre les musiques traditionnelles et occidentales. Son nom viendrait du terme anglais begin, qui signifie « commencer », car c’est la danse qui ouvrait le bal. Mélange de bèlè traditionnel et de polka, chantée en créole, elle voit le jour après l’abolition et remplace peu à peu les danses traditionnelles, seules autorisées aux esclaves. Elle a été créée par des affranchis musiciens, qui jouaient dans les bals des colons et qui ont repris leur musique en y ont ajoutant le chant et le tambour. Il en existe 3 types : la biguine de salon, de bal et de rue. Originaire de Saint-Pierre en Martinique, elle s’étend fin du19ème siècle à la Guadeloupe  et connaît un franc succès jusque dans les années 1920 grâce aux orchestres locaux formés de clarinettes comme instrument principal, de violon, trombones, banjo etc. Elle détrôna la mazurka et les quadrilles dansés au début du siècle par la bourgeoisie antillaise, et atteint même dans les années 30 la métropole où elle se jouait dans les « bals nègres ».
La Mazurka : appartient elle aussi aux musiques dites de « Saint-Pierre ». Arrivée en Martinique vers 1830, elle est mélange de mazerek (musique traditionnelle polonaise en vogue au siècle dernier en France) et de belia (forme ternaire du bèlè). Il en existe 2 types : le piqué et la nuit, un lent (mazurka de salon) et un rapide. Ce fut une des premières danses de couple aux Antilles françaises que l’on disait favoriser le rapprochement… Elle devint le symbole de l’élégance martiniquaise et fut popularisée dans les années 20 par le fameux musicien Alexandre Stellio.
 

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