Victor Schoelcher, l'abolitionniste -Partie 1

Victor Schœlcher : Une implication immédiate

Victor Schœlcher est né à Paris le 22 juillet 1804 dans une famille catholique bourgeoise. Son père, originaire de Fessenheim en Alsace, était propriétaire d’une usine de fabrication de porcelaine et sa mère, marchande lingerie.
En 1828-1830 son père l’envoie en tant que représentant commercial de l’entreprise familiale au Mexique, aux États-Unis et à Cuba où il est révolté par l’esclavage.  De retour en France, Victor Schœlcher devient journaliste, s’engage dans le mouvement républicain, participe à la création de La Réforme puis adhère à la franc-maçonnerie.

Un militant de la première heure

Il écrit un article dans la Revue de Paris, « Des Noirs », décrivant la situation terrible des esclaves.   En 1832 il revend l’usine dont il hérite de son père, pour se consacrer à son au métier et à ses activités philanthropiques. Il milite pour l’abolition mais défend une progressive, passant par l’éducation et l’alphabétisation. L’esclavage avait déjà été aboli en France, pendant la Révolution française puis rétabli par Napoléon Ier par la loi du 20 mai 1802.
En 1833, Victor Schœlcher publie De l’esclavage des Noirs et de la législation coloniale, livre très critique contre l’esclavage dans lequel il écrit que « l’homme noir n’est pas moins digne de la liberté que l’homme blanc » ; « l’esclavage des nègres est une injure à la dignité humaine, parce que l’intelligence de l’homme noir est parfaitement égale à celle de l’homme blanc ». Il conclut en proposant un texte de loi visant à humaniser l’esclavage, à l’encadrer, à donner des droits aux esclaves et à donc limiter les droits des maîtres.  Beaucoup de planteurs y sont violemment opposés.

Un changement de point de vue radical

En 1838, Victor Schœlcher repart aux Caraïbes pour une mission d’étude de l’esclavage et pour voir les résultats de l’émancipation des esclaves dans les colonies anglaises qui vient d’avoir lieu, ainsi qu’en Haïti, seule ancienne colonie indépendante.  A son retour en 1840 il se prononce pour une abolition immédiate et complète, et se consacre entièrement à cette cause.
Victor Schœlcher part en Egypte, Turquie et en Grèce pour étudier l’esclavage musulman. En 1845, lors du débat parlementaire sur des lois d’humanisation de l’esclavage, il publie de nombreux articles dans des journaux et revues comme, L’Abolitionniste français, La Revue Indépendante et surtout la Réforme.

La Société pour l’abolition de l’esclavage 

En 1847,  Victor Schœlcher créé la « Société pour l’abolition de l’esclavage » dans laquelle il mobilise des célébrités politiques et intellectuelles et  regroupe ses articles dans l’ouvrage « Histoire de l’esclavage pendant ces deux dernières années ».
Il y écrit que « que le sort des esclaves n’a pas cessé d’être horrible, atroce, dégradant, infâme, malgré les lois, les ordonnances, les règlements faits pour l’alléger », et conclut que « Le seul, l’unique remède aux maux incalculables de la servitude c’est la liberté. Il est impossible d’introduire l’humanité dans l’esclavage. Il n’existe qu’un moyen d’améliorer réellement le sort des nègres, c’est de prononcer l’émancipation complète et immédiate ».
La même année, et début 1848, il parcourt le Sénégal et la Gambie pour étudier l’esclavage et de la condition des captifs en Afrique subsaharienne.
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Découvrez la suite du portrait de Victor Schœlcher dans un prochain article.

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