Logo blanc du site d'actualités sur la culture caribéenne BLAKE'S

Nicki Minaj fait polémique dans le magazine ELLE USA

Rédigé par

27.06.2018

2018 est l’année du comeback de Nicki Minaj qui nous revient dans les bacs plus forte que jamais. Elle multiplie donc la promo et les interviews pour parler de Queen, son 4e album qui sortira le 10 août prochain.
C’est ainsi qu’on la retrouve en Une du ELLE USA, édition juillet 2018. Les clichés shootés par Karl Lagerfeld, directeur artistique de Chanel, font déjà couler beaucoup d’encre.

Un cliché raciste ?

Les photos du shooting ont fait le tour du net et se trouvent actuellement sur le compte Instagram de Nicki Minaj qui avoue avoir réalisé un de ses rêves en posant pour Karl Lagerfeld. Les clichés mettent en valeur la rappeuse, plus belle et stylée que jamais.
Mais un cliché a déclenché les passions. Celui où on voit Nicki Minaj  la tête haute, portant des vêtements de luxe, en train de se faire coiffer par une autre femme noire, tête basse et habillée en tenue de travail.


Cette photo a été prise par Karl Lagerfeld qui a tenu à l’inclure dans la série. Alors que la coiffeuse, qui n’est autre que Kim Kimble, fait des retouches et arrange la chevelure qui touche le sol, il a décidé de faire des clichés et de les garder. Selon lui, cette image est forte.


Il était loin de se douter de l’impact qu’elle aurait. En effet, plusieurs sites et blogs n’ont pas tardé à critiquer le cliché, notamment le compte Instagram Afrocentrichair qui a demandé aux internautes leur avis sur la photo.
L’écrivain et activiste gay Myles E. Johnson a donné son point de vue en qualifiant l’image de « ridicule et profondément irresponsable ».
Selon lui, cette photo renvoie une image négative. Celle d’une femme riche et soignée, mais surtout claire de peau, en train de se faire chouchouter par une servante à la peau foncée.
Pour l’écrivain, cette photo est tout simplement bourrée de clichés et raciste, puisque réalisée par un homme blanc. A l’époque de l’esclavage, les femmes à la peau claire étaient privilégiées et subissaient moins que les autres. Et montrer une telle image contribuerait à perpétrer le cliché de la servante  à la peau foncée soumise à la « mulâtre ».
Le débat s’est enflammé sur le compte Tweeter de Myles E. Johnson et a été largement alimenté par des commentaires, dont celui de Bo Young Lee.


Selon elle, voir une femme riche, claire aux cheveux raides coiffés par une servante à la peau foncée et affublée de dreadlocks est une mauvaise chose.
Encore fallait-il prendre le temps de se pencher sur tous ces détails. Pour le commun des mortels et notamment les fans de Nicki Minaj, voir la rappeuse noire dans un magazine aussi prestigieux que ELLE, sous les flashs de Karl Lagerfeld est un événement en soi.

Une polémique stérile ?

Si nombreux sont ceux qui ont trouvé ce cliché dérangeant, beaucoup ont au contraire dénoncé une polémique inutile. En effet, plusieurs internautes n’ont pas manqué de souligner que la « servante » en question n’était autre que la coiffeuse Kim Kimble, une artiste et femme d’affaires avisée qui coiffe des stars comme Beyoncé ou l’actrice Sanaa Lathan. Elle est connue et reconnue comme une des meilleures dans sa catégorie.


Et loin d’être indigente, Kim Kimble a construit un empire dans l’univers de la coiffure. Elle a sa propre marque de produits capillaires et perruques, donne des conférences et est surtout millionnaire.
En clair, il aurait fallu voir dans ce cliché deux femmes noires et non pas une femme claire et une femme foncée. Il aurait aussi fallu voir deux femmes au sommet de leur art, qui excellent dans chacun de leur domaine et qui sont mises en avant par un magazine dont les lectrices et le public sont majoritairement blancs.
Ce sont principalement des internautes et intervenants noirs qui ont été le plus critiques envers la photo. Certains commentateurs n’ont pas manqué d’insister sur le fait que la communauté noire était trop négative, trop tournée vers le passé et continuait des siècles après la fin de l’esclavage, de s’enfermer dans des représentations qui n’ont plus lieu d’être.
Alors qui a raison dans ce débat ? Oui à bien y regarder, cette photo est dérangeante. Pas parque qu’une femme fait son travail et parce que le métier de coiffeuse est dégradant, mais parce qu’on peut légitimement se demander ce qui est passé dans la tête du photographe quand il a pressé le bouton. Qu’a-t-il vu et que voulait-il montrer ?
Du génie, un moment incongru, une belle anecdote ou une esclave soumise à sa riche maîtresse ?

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Share This