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Les Guadeloupéens par Caroline Bourgine – interview partie 2 "La Guadeloupe, une société d’équilibre dans le déséquilibre".

Rédigé par

23.11.2016

 
Quel est votre avis sur le débat qui a eu dernièrement autour de la question : « faut-il être antillais pour chanter du zouk? » Un chanteur guadeloupéen d’origine asiatique qui parle et chante parfaitement créole a été violemment pris à parti sur les réseaux sociaux…
Caroline Bourgine : Je pense que quand on parle de diversité, ce n’est pas une histoire de couleurs de peau. On peut être Noir et ne rien connaître de l’histoire africaine, être Blanc et ne rien connaître de l’histoire européenne. Je pense que le métissage relève de bien des aspects. Il faut élever le débat, mais en faisant attention, car il y a toujours des résistances de part et d’autre, mais je pense que parfois on se trompe d’adversaire…
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Vous consacrez un chapitre aux Femmes Potomitan. Que pensez-vous du statut de la femme aux Antilles?
Caroline Bourgine : Il y a l’expression d’une interlocutrice qui m’a beaucoup plu qui dit qu’il faut un peu réfléchir sur cette notion : Sé pa manman toultan! Effectivement la société antillaise au sens large repose sur une histoire matrifocale, mais ça évolue. Je vois qu’il y a dans les nouvelles générations une approche de l’enfant et de la famille différente. Oui je vais continuer à faire confiance aux femmes en Guadeloupe parce que je pense qu’elles ont une maturité propre. Ce n’est pas un hasard par exemple par rapport au paysage politique martiniquais, qu’il y ai beaucoup plus de femmes engagées en politique à des responsabilités municipales, régionales, départementales. Le livre permet de répondre à cela : la Guadeloupe n’est pas la Martinique. Mettre les Antilles dans le même paquet est une erreur fondamentale et historique. Il ne s’y est pas passé la même chose et il n’y a pas eu les mêmes conséquences. Et dans le livre je fais ce qu’il faut pour que ce soit clair. Les réformes, le peuplement, la géographie et la mentalité ne sont pas les mêmes…
Je n’ai pas trouvé de témoignage d’un(e) représentant(e) de la jeunesse guadeloupéenne, pourquoi ?
Caroline Bourgine : J’ai trouvé déjà tellement difficile de travailler avec des gens qui avaient sur ces 30 dernières années une ligne de vie à raconter quel qu’elle soit, que ça ne s’est pas imposé. C’est vrai qu’il y a peut-être cet écueil, mais je tenais quand même dans mes chapitres à poser les choses pour qu’on comprenne peut-être la jeunesse d’aujourd’hui..?
Quelles rencontres vous ont le plus touché ? 
Caroline Bourgine : Une qui m’a particulièrement remuée c’est la rencontre avec Michel Rogers parce que le travail qu’il a fait sur la généalogie des Guadeloupéens est absolument fantastique et en tant qu’individu c’est un personnage incroyable !
Quelles valeurs vous ont paru les plus fortes ?
Caroline Bourgine : La fierté ! C’est une chose qui m’a beaucoup touché chez les Guadeloupéens. Même s’il y a parfois des dérapages violents liés à la drogue ou à l’alcool, j’aime cette société comme le dit dans le livre Lena Blou (danseuse, chorégraphe)  « d’équilibre dans le déséquilibre ». Je pense par exemple au groupe de carnaval Akiyo par exemple.
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Quelles seraient les faiblesses du peuple guadeloupéen ? 
Caroline Bourgine : je crois que la faiblesse de ces petits pays (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Réunion) c’est qu’ils sont petits confrontés à la puissance de la nature (volcans, climat) et dominés par les populations occidentales.
Quels impacts/répercussions en attendez-vous ? Auprès de quels publics ?
Caroline Bourgine : Tous les publics. Ceux qui savent soit ils seront confortés soit ils apprendront des choses, ceux qui ne savent pas j’espère qu’ils apprendront des choses. J’ai voulu être juste et restituer ce que j’ai appris d’un pays qui l’a beaucoup donné. c’est une manière de lui rendre hommage.

Page sur Facebook : Les Guadeloupéens

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Les Guadeloupéens par Caroline Bourgine – interview partie 1 "Je me suis rendu compte qu’il y avait un grand vide sur une approche contemporaine de ces pays caribéens"

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