Logo blanc du site d'actualités sur la culture caribéenne BLAKE'S

Harriet Tubman : Que savez-vous de la première femme noire sur les billets américains

Rédigé par

18.05.2016

Sa vie d’esclave

Née vers 1820 dans le Maryland, Harriet Tubman est née Araminta (surnommée « Minty » )Ross de parents esclaves qui eurent 9 enfants. Sa mère était cuisinière et son père supervisait le travail du bois sur une plantation. Le système esclavagiste séparant fréquemment les familles, vendant les enfants à d’autres propriétaires qui résidaient parfois loin, elle fut ainsi séparée de 3 des sœurs.  À l’âge de cinq ou six ans, elle fut elle-même louée à une femme cruelle, « Miss Susan » chez qui elle devait veiller sur un bébé pendant son sommeil. Mais lorsqu’il s’éveillait en pleurant, elle était fouettée.
Un autre jour, pourchassée pour avoir volé un morceau de sucre, elle se cacha dans une porcherie 5 jours durant, mais affamée, elle dut retourner chez sa maitresse qui la punit lourdement. Elle porta les cicatrices de ces sévices le restant de sa vie. D’autres maîtres lui firent subir des traitements inhumains. Adolescente, elle refuse d’aider un contremaitre furieux à retenir un jeune esclave fugitif. Sur le point de s’enfuir, le surveillant lui jeta un poids de 2 livres qui manqua l’esclave et la frappa violemment à la tête.

L’épilepsie et Dieu

Après cet événement elle commença à avoir ce qui pourrait avoir été des crises d’épilepsie temporale, qui perdurèrent pour le restant de sa vie. Après ce traumatisme crânien, celle qui était déjà une fervente croyante est sujette à des visions qu’elle interprète comme des signes de Dieu, fortement influencée par l’Ancien Testament et le récit de Moïse guidant les juifs hors d’Egypte. Cette conviction religieuse la guidera tout au long de sa vie.
Devenue adulte, elle prend le prénom de Harriet, en l’honneur de sa mère morte d’épuisement dans la plantation de coton. Elle porte ensuite le nom de Tubman en épousant à 22 ans, aux alentours de 1844, John Tubman, un homme libre. Minty Ross, devenue Harriet Tubman, reste toutefois une esclave, son maître refusant de la laisser partir.
01-tubman-20-dollar-jackson.adapt.768.1Union

Sa fuite

En 1849, son propriétaire Brodess meurt. Craignant d’être revendue, Harriet accompagnée de ses  2 frères s’échappe une première fois en septembre 1849, laissant derrière elle son mari qui ne voulait pas la suivre. Mais les 2 hommes effrayés par les dangers d’une vie de fugitif rebroussent chemin, l’obligeant à rentrer avec eux.
Peu après, en décembre, alors âgée de 27 ans, elle s’échappe à nouveau seule mais assistée dans sa fuite par le Underground Railroad «Chemin de fer clandestin » en français,  vaste réseau informel de sympathisants anti-esclavagistes constitué dans les années 1840, qui a aidé des dizaines de milliers d’esclaves noirs à rejoindre les Etats du Nord et le Canada, seul endroit sûr d’Amérique du Nord pour les esclaves en fuite.

Sa mission

Après avoir atteint la ville de Philadelphie en Pennsylvanie, elle commence à économiser de l’argent pour retourner clandestinement dans le Maryland où elle est vivement recherchée, afin de libérer les membres de sa famille.

Grand-mère Moïse

Après ce premier succès, et au cours des dix années qui suivent, Harriet effectue de nombreux allers et retours dans cet état pour aider d’autres nombreux esclaves à s’échapper, sans que personne ne meure, et sans être jamais capturée, ce qui lui vaut le surnom de Moïse noire, Grand-mère Moïse, ou encore Moïse du peuple Noir.
Elle fournit aussi des instructions détaillées à beaucoup d’autres qui veulent s’échapper par eux-mêmes. Nul ne sut jamais qu’elle était responsable d’autant de fuites d’esclaves de l’état du  Maryland. Harriet les conduisait également vers le Canada.
En décembre 1851, des indices suggèrent que Tubman et un groupe de 11 fugitifs ont pu s’être arrêtés au domicile de l’abolitionniste et ancien esclave Frederick Douglass célébré le 14 février par les Noirs-Américains. En 1859, elle acquiert une maison à Auburn, dans l’État de New York, qui deviendra beaucoup plus tard un centre d’accueil pour personnes de couleur démunies.

Harriet Tubman avec des esclaves qu'elle a aidé à s'échapper

Harriet Tubman avec des esclaves qu’elle a aidé à s’échapper

Son engagement militaire

Durant la Guerre de Sécession qui a débuté en 1861, souhaitant mettre son savoir-faire et son expérience au service de l’Union, elle rejoint les combattants en Caroline du Sud, remplissant les rôles de cuisinière et d’infirmière. Elle soigne même des malades de la variole, sans l’attraper, ce qui contribua à nourrir sa légende et qu’elle était « bénie de Dieu ».
En janvier 1863, Abraham Lincoln met en place la Proclamation d’émancipation qui déclare libre tout esclave résidant sur le territoire de la Confédération sudiste.  Elle renforce alors son engagement en formant des troupes d’espions qui partent en éclaireurs, cartographient le terrain des futures batailles et des éventuels chemins de fuite, des informations précieuses pour l’Union.

Le raid de la rivière Combahee

Juin 1863, elle sert de principal conseiller à l’organisation d’un raid contre une série de plantations le long de la rivière Combahee qui, dans une scène de chaos qui la marquera à vie, permet de libérer 700 esclaves. Une gravure de cette époque la montrant avec un fusil sera ensuite d récupérée dans les années 1960 par les Black Panthers qui en feront une icône.

Harriet_Tubman_Civil_War_Woodcut

Découvrez dans un prochain article, la vie de Harriet Tubman après la guerre…

Rosa Parks, la femme qui s'est tenue debout en restant assise…


 
 

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Share This