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Marylène Manicom, une reconversion… Du rêve à la réalité !

Rédigé par

27.06.2016

 
Blake’s : Bonjour Marylène, peux-tu te présenter ?
Marylène Manicom : Je m’appelle Marylène MANICOM, j’ai 32 ans et je suis mariée mère d’un petit garçon. Je suis la nouvelle gérante de la boutique QUAI ZEN située à Damencourt au Moule. Nous proposons de la lingerie des marques AUBADE, SIMONE PERELE, IMPLICITE, WACOAL, B. TEMPT’D, des maillots de bain AUBADE et SEAFOLLY.

QUAI ZEN propose également des solutions aux femmes, qui ont subies un cancer du sein avec les prothèses mammaires externes et la lingerie adaptée.

Blake’s : Quel est ton parcours ?
Marylène Manicom : A la base, je suis issue d’une formation scientifique. J’ai quitté la Guadeloupe en 2002 après l’obtention de mon bac, pour passer un diplôme universitaire en biologie à la faculté de Bordeaux. Par la suite, je me suis orientée vers une formation d’ingénieur agronome, car je voulais exercer un métier, qui me permettrait de contribuer directement au développement économique de la Guadeloupe. A l’issue de mon diplôme d’ingénieur, j’ai travaillé 2 ans en France, dans une chambre d’agriculture et, j’ai décidé de revenir « au pays » où j’ai travaillé 6 ans pour une coopérative agricole dans le secteur de l’élevage.

Aujourd’hui, je change radicalement de secteur, en travaillant à mon compte dans le domaine de la vente et de la lingerie.

Marylène MANICOM.

Marylène MANICOM.


Blake’s : Qu’est-ce-qui t’a motivé à devenir ton propre patron ?
Marylène Manicom : A mon retour en Guadeloupe, j’ai très rapidement compris que mon diplôme n’avait pas autant de valeur qu’en France. Les acteurs locaux du monde agricole aiment savoir qu’ils ont embauché un ingénieur, mais ne mettent pas les moyens en face pour l’encourager à rester dans ce domaine. J’ai été embauchée  en tant que technicien avec souvent des responsabilités de directeur, mais un salaire et une reconnaissance de technicien. Me sentant régresser, j’ai préféré quitter ce secteur, qui est malheureusement verrouillé.
Deux options se présentaient à moi :

  • Quitter la Guadeloupe pour travailler dans le domaine agricole à l’étranger ou en France,
  • Rester en Guadeloupe mais changer de domaine.

Ayant des attaches familiales ici, j’ai opté pour le deuxième choix : l’entrepreneuriat ! Je préférais cette fois-ci être maître de mon destin, même si ce n’est pas toujours le cas, car on est souvent freiné par des aléas extérieurs.
Blake’s : Quelles difficultés as-tu rencontrées ?
Marylène Manicom : Tout d’abord, changer de domaine d’activité n’est pas chose facile. J’apprends tous les jours, tant sur le plan de la vente, du conseil que de la lingerie. J’ai été formée par la cédante et les choses se sont bien déroulées. Nous avons une activité parallèle qui est celle de la vente de prothèses mammaires externes pour les femmes ayant subi une mastectomie après un cancer du sein et là aussi j’ai dû me former. Je suis une personne qui s’adapte assez vite et qui aime apprendre, donc l’appréhension liée à cette nouvelle situation s’est vite estompée.
Par contre, il m’a fallu du temps pour boucler financièrement la transaction. Cela m’a pris deux ans et demi, pour trouver une banque qui accepte de me suivre. Là encore, avoir un diplôme d’ingénieur agronome quand on veut travailler en Guadeloupe dans la vente, est pénalisant.
Nous avons dû, la cédante et moi-même, redoubler d’efforts pour obtenir un financement, mais nous y sommes finalement parvenues.
Blake’s : Quels sont tes objectifs ?
Marylène Manicom : L’épanouissement personnel : c’est pour moi un objectif capital pour que le reste suive. Je refuse de passer le tiers de ma vie à travailler dans un domaine qui ne me plait pas et, où mon travail n’est pas reconnu.
J’ai également pour objectif de faire progresser l’activité de la boutique tant pour la lingerie que pour les prothèses.

D’ailleurs, petit scoop (rires), QUAI ZEN va élargir sa gamme en proposant des sous-vêtements « bonnets profonds » pour permettre à toutes les femmes d’accéder à une lingerie de qualité.

Blake’s : Quels conseils donnerais-tu aux jeunes femmes qui veulent créer tout comme toi ?
Marylène Manicom : La patience est primordiale, de même que le sang-froid et la tolérance. La recherche de financement peut prendre beaucoup de temps et d’énergie, il faut s’y préparer et s’y atteler. Il est important de s’encadrer de bons professionnels pour le conseil, comme des avocats ou des experts comptables.
Enfin, l’entourage familial est capital car aujourd’hui si j’y suis arrivée, c’est en grande partie grâce à ma famille et mes amis proches, qui ont sû me soutenir quand j’étais au plus bas et que je ne voyais pas le bout. Je les remercie encore très très fort !

Ne jamais baisser les bras !

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