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Le Mémorial ACTe, le projet ambitieux dédié à l'Esclavage

Rédigé par

15.05.2015

Véritable œuvre d’art architecturale qui rappelle un bateau érigé face à la mer (mais aussi le récent MuCem : musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée à Marseille), sur le site de l’ancienne usine sucrière Darboussier, à deux pas de la préfecture, le Mémorial ACTe, se présente comme LE centre caribéen d’expressions et de mémoire de la traite et de l’esclavage.

Un « centre Beaubourg » caribéen ?

Lourd de symboles, métaphores et d’images, le mémorial est un lieu-hommage aux ancêtres victimes de la traite négrière pour se recueillir, apprendre, (re) chercher une histoire commune à l’humanité. Le but : participer à la création d’une mémoire collective et d’encourager la  recherche sur la  traite négrière, l’esclavage et  leurs abolitions afin de contribuer à la « fermeture » des blessures  d’une  Histoire  marquante pour l’Afrique, la Caraïbe et des Amériques.  Il a été inauguré le 10 mai 2015 par le président de la République François Hollande en présence de George Pau-Langevin et Christiane Taubira et de chefs d’États africains et chefs de gouvernement caribéens.

Un imposant édifice

Accessible en français, créole, espagnol, anglais, la configuration des lieux sur 2500 m2 à pour vocation de guider  les visiteurs de tous horizons autour de 3 pôles :
— « Connaissance »,  avec une exposition permanente sur l’esclavage de l’Antiquité à nos jours et des centres de ressources et recherches généalogiques.
— « Échange et diffusion », espace composé d’une salle d’exposition et d’une autre modulable pour accueillir 250 spectateurs, ouverts aux chercheurs, créateurs et artistes caribéens au sens large, diaspora comprise.
« Recueillement » : jardin suspendu, relié au mémorial par une passerelle de plus de 200 mètres, sur un monticule appelé le morne Mémoire où est cultivé un jardin à la manière des esclaves des plantations durant leur « temps libre ».

Éduquer aujourd’hui pour changer demain

L’esclavage des Noirs a laissé des traces profondes dans le regard qu’on porte sur l’autre selon sa couleur de peau, son métissage, son expression/langue, son habillement, etc… Et concernant les Antilles, qui sont françaises depuis 380 ans dont seulement 167 sans, c’est une réalité toujours pesante ! Bien que nous soyons au 21ème siècle, les « dérapages » sont encore fréquents…
Ce mémorial a pour ambitieuse mission de rappeler que « l’esclavage est un phénomène partagé par l’humanité depuis des millénaires » et que toutes ses formes passées et/ou présentes doivent être condamnées. Le Mémorial Acte ouvre un peu plus le vaste chantier de changement de mentalités pour un meilleur avenir…

Le saviez-vous ?

La France fut l’un des principaux acteurs, derrière l’Angleterre et le Portugal, du commerce triangulaire, mais loin devant les États-Unis.
Du XVIe au XIXe siècle, 600 000 à 800 000 Africains furent déportés en Amérique du Nord, alors qu’1,6 million l’a été dans les Antilles françaises.
+ D’informations : http://www.memorial-acte.fr/

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