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Billie Holiday, destin d'une star brisée…

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2.05.2015

Eleonora Fagan est née en 1915 de parents encore mineurs et non mariés. Durant son enfance elle est placée d’un foyer pour jeunes noirs à l’autre où elle connaît la violence et le viol. C’est quand sa mère la reprend et s’installe avec elle à New York qu’elle découvre le jazz et chante à l’occasion. John Hammond, producteur chez Columbia la remarque et en fait Billie Holiday, en référence à l’actrice Billie Dove, son idole blanche du cinéma muet et à son père, Clarence Holiday.

Lady Day

Grâce à son talent, Billie croise des musiciens de renoms, avec qui elle tourne dans Harlem. Elle chante même à l’Apollo Theater, lieu culte de la musique afro-américaine. Elle fait la connaissance du saxophoniste Lester Young et ils se lient immédiatement d’une forte amitié. Lester la surnomme Lady Day.  Son style intimiste, sa voix rocailleuse et sa force d’expressivité plaisent de plus en plus. Elle devient l’une des vedettes du jazz new-yorkais et chante avec un orchestre blanc, ce qui est rare à l’époque. À cause du racisme, dans des États du sud, elle ne peut pas chanter, ni réserver une chambre ou entrer dans un restaurant avec ses musiciens.

Strange Fruit

En 1939, Billie Holiday met en musique et interprète le poème d’un jeune professeur : Strange Fruit. Métaphore du lynchage des Noirs, elle devient sa chanson phare qui, bien que déchaînant la controverse, connait un immense succès populaire. Elle est l’une des premières artistes à s’engager pour la cause des Noirs de façon si explicite.

Southern trees bear strange fruit,
Blood on the leaves and blood at the root,
Black bodies swinging in the southern breeze,
Strange fruit hanging from the poplar trees.

Pastoral scene of the gallant south,
The bulging eyes and the twisted mouth,
Scent of magnolias, sweet and fresh,
Then the sudden smell of burning flesh.

Here is fruit for the crows to pluck,
For the rain to gather, for the wind to suck,
For the sun to rot, for the trees to drop,
Here is a strange and bitter crop.
Les arbres du Sud portent un étrange fruit,
Du sang sur les feuilles et du sang aux racines,
Un corps noir qui se balance dans la brise du Sud,
Étrange fruit suspendu aux peupliers.

Scène pastorale du valeureux Sud,
Les yeux exorbités et la bouche tordue,
Parfum de magnolia doux et frais,
Puis l’odeur soudaine de chair brûlante !

C’est un fruit que les corbeaux cueillent,
Que la pluie rassemble, que le vent aspire
Que le soleil pourrit, que les arbres lâchent
C’est là une étrange et amère récolte.

Dans les années 40, le succès est au rendez-vous, mais Bille se met à boire et la drogue prend de plus en plus de place dans sa vie, la détruit lentement. Elle enchaîne les liaisons destructrices avec de petites frappes et escrocs qui la maltraitent et la spolient. Ce sont pourtant ces épreuves, qui ont forgé son art et sa voix. Elle sort ses chansons les plus connues : Lover ManDon’t Explain et God Bless the Child
En 1945, Billie apprend la mort de sa mère. Cette nouvelle la faire sombrer dans une dépression sévère et se réfugier plus dans l’alcool et la drogue. Plusieurs fois, elle est arrêtée et est envoyée en prison pour possession de stupéfiants. Sa situation financière est difficile.

La fin

Depuis plusieurs années, Billie souffre d’œdèmes aux jambes et d’une cirrhose avancée. Mars 1959, l’annonce de la mort de Lester Young l’anéantit. Elle est admise à l’hôpital où on lui diagnostique en plus une insuffisance et une infection rénale et une congestion pulmonaire.
Le 17 juillet Billie s’éteint à l’hôpital à 44 ans. Elle est enterrée dans le Bronx, dans la même tombe que sa mère. On connaît à ce jour plus de 660 enregistrements de Billie Holiday.

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