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Les amazones du Dahomey, femmes guerrières d'Afrique – partie 2

Les Amazones du Dahomey ou Mino (qui signifie « nos mères » en langue fon), sont un ancien régiment militaire entièrement féminin du Royaume du Dahomey actuel Bénin qui a existé jusqu’à la fin du XIXe siècle. Après vous avoir présenté leurs origines, penchons nous ensemble sur leurs méthodes de combat.

Les formations

Les amazones, armées de fusils, gourdins et de couteaux et équipées d’amulettes pour les protéger de leurs ennemis et faire fuir les mauvais esprits, sont regroupées en bataillons qui restent à proximité du roi et ne combattent que sur son ordre.
Un bataillon est divisé en 5 catégories de combattantes qui comprennent des officiers : »gahu« , des sous-officiers : »aouaigan » et les soldats. Il y a:
les « Agbaraya« : armées de trombones
les « Gbeto« ; qui chassent l’éléphant
les « Galamentoh/Gulonento« : armées de pistolets et d’un sabre court
les archères « Gohento » : avec leurs flèches empoisonnées.
les « Nyekplohento »: les chasseresses surnommées « faucheuses » sont l’élite, sélectionnées pour leur force physique et leur stature. Elles sont armées d’une énorme lame de 45 cm au bout d’un manche de 60 cm. Leurs officiers portent sur le crâne attachées à un cercle de fer des cornes d’antilope. Elles participent seulement au combat quand le roi Béhanzin lui-même est en danger.
amazones-du-dahomay-vers-1890

Sur le champs de bataille

Les soldats français ont été très surpris par leur vaillance, courage et compétences militaires. Beaucoup hésitaient avant de tirer ou de charger à la baïonnette des femmes, ce qui provoqua de nombreuses pertes dans leurs rangs. Les Minos, elles, n’hésitent pas à décapiter leurs ennemis et à planter leurs têtes sur des pics pour les déstabiliser et cherchent à provoquer l’affrontement physique au corps à corps.

Leur stratégie est de tuer sans se soucier de leur propre vie et pour cela, elles se saoulaient avant le combat!

amazone-dahomey-3
Durant les premières confrontations avec les troupes françaises, en menant des opérations commando aux postes de gardes, elles ont bénéficié de l’effet de surprise.
Le 26 octobre 1892 reste la journée la plus meurtrière de cette guerre : les soldats français sont confrontés à une armée féroce composée que de femmes ! Mais malgré leur nombre et leur détermination, elles subissent rapidement de lourdes pertes et au fil des combats leurs rangs sont décimés.
Mieux armés, disposant d’armes plus sophistiquées comme des mitrailleuses ainsi que d’une cavalerie et d’une infanterie de marine, et renforcés par la Légion étrangère, les Français infligent du côté du Dahomey des pertes importantes et parviennent progressivement à imposer leur domination.
combat de Dogba au Dahomey en 1892

La fin des Amazones et du Dahomey

En novembre 1892, lorsque les Français atteignent la capitale, elles ne sont plus qu’une cinquantaine. Désespérées mais refusant de renoncer, certaines manifestent leur colère et leur haine aux Français en se coupant un sein et en frappant violemment à mort ceux qu’elles peuvent attraper.

Le-Roi-Behanzin-entouré-de-sa-famille-durant-son-exile-en-Martinique

Le roi Behanzin entouré de sa famille durant son exile en Martinique


Le roi Béhanzin fuit à l’intérieur du pays où il continue à lutter contre les Français jusqu’en 1894 – année de la chute du Royaume Dahomey et de sa mise sous protectorat français – et finira par se rendre. Il sera déporté en Martinique, puis en Algérie où il s’éteindra. Agoli Agbo devient le nouveau souverain et dissout le corps d’armée des Amazones.
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La dernière Amazone du Dahomey est morte en 1979.

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