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2017, l'année du retour d'Eleeza R

Rédigé par

25.11.2017

Tu as levé le pied depuis quelques années. Pourquoi ?  Ayant commencé dans la musique très tôt, j’ai eu besoin de me recentrer sur moi surtout sur mes projets personnels et professionnels. Je me consacre beaucoup à la musique, mais pour moi c’était important de me consacrer aussi à mes études que j’ai fini en juin dernier. J’étais en master en éducation et ça m’a pris énormément de temps, les mémoires, devoirs d’études, ce demande beaucoup de concentration etc. L’année d’avant aussi j’ai passé le concours des professeurs des écoles que j’ai obtenu et c’est vrai que je ne pouvais pas être sur tous les fronts. Maintenant que tout ça est fini j’ai un peu plus de temps pour revenir et sortir de nouvelles choses.
Tu as commencé très tôt à chanter. Tu as sorti ton premier album à 15 ans. Avec du recul, ça n’était pas trop jeune ? Je ne pense pas non… Si c’était à refaire je le referai exactement de la même manière! Avoir été plongée tôt dans le milieu m’a donné une certaine maturité, un certain recul par rapport aux choses, ça m’a donné de l’expérience, une autre vision des choses… Certes j’étais jeune mais j’ai été très bien entourée ce qui fait que j’ai pu prendre les choses de manières très positive, très ludique. Et j’ai la chance aussi d’avoir une famille très proche de moi dans tous mes projets et qui m’a aidé à garder la tête sur les épaules, à ne pas dériver.
Cela ne pas fait passer à côté de certaines choses que l’on peut vivre à cet âge ? Non, je n’ai pas cette impression mais j’ai quand même muri beaucoup plus vite que d’autres, parce que malgré tout le milieu musical n’est pas un milieu facile, où il n’y avait pas de jeunes de mon âge. Mais moi j’étais accompagnée par mon père qui était mon manager, me suivait sur mes tournées etc, et il m’a fait garder les pieds sur terre tout en préservant aussi mon côté enfant, veillant à ce que je ne grandisse pas trop vite non plus.  C’est vrai que si tu arrive là sans être entouré tu peux vite perdre la tête. C’Est-ce que l’on peut voir par exemple chez des célébrités comme celle de issues Disney comme Britney Spears, Justin Timberlake, Mileys Cirus etc… Ils ont été exposés jeunes au monde entier, on attendait beaucoup d’eux, ils n’avaient plus de vie privée… Et là c’est plus qu’à l’échelle caribéenne! Et ils ont tous pété un câble à un moment donné! Moi j’ai vécu ça aux Antilles, quand j’allais faire mes courses par exemple et c’est rai qu’il faut savoir prendre sur soi et garder les pieds sur terre!
Zouk, Dancehall, Hip Hop, Nouvelle scène Que pense-tu de la musique caribéenne aujourd’hui ? Je trouve qu’elle inspire beaucoup de monde. Quand j’écoute les chansons des artistes américains j’y trouve beaucoup de sonorités caribéennes. Tu écoute Drake, Rihanna – mais elle est Barbadienne – , Major Lazer, Justin Bieber, Ed Sheeran…Il se passe quelque chose et j’en suis quand même assez ravie car avant elle n’était pas assez mise en avant sauf dans le communautaire, et je me rends compte que l’on a quand même de l’influence! Et c’est aimé par des millions de personnes sur cette planète. Je pense que l’on est en bonne voie. Et c’est ce qui fait aussi que des sonorités anciennes aussi comme celle des Vikings reviennent peut-être aussi à la mode? Parce que c’est dans l’air du temps… C’est que du positif tout ça.
Tu es investie dans des associations. Peux-tu nous en dire plus ? Les associations qui aident à la recherche et à la lutte contre la drépanocytose sont celles qui me tiennent à cœur. Ma nièce était drépanocytaire et en est décédée. Quand elles me sollicitent pour des événements, en général je répond présent.  Je donne beaucoup aussi pour Haïti, parce que c’est aussi les Antilles, une île voisine à la nôtre et on est concerné par ce qui s’y passe et je me sens obligé d’être solidaire.
Ton dernier titre sorti, Ma moitié est sorti fin 2016. Qu’est-ce qui t’a inspiré ce titre ? Dans mes anciens singles j’étais plus dans un mode « femme indépendante », qui revendique des choses, se relève quand elle a été trompée etc… Là je voulais plutôt partir sur l’amour à l’état pur, quelque chose de plus doux, plus posé. J’ai voulu faire un son pour toutes les personnes en couple, quelque soit la situation amoureuse, parce que l’amour n’est pas toujours évident… Donc voilà.
Sur le visuel, tu apparais les cheveux courts, plus femme. Tu veux donner une autre image de toi aujourd’hui ? Oui, même si je change quand même de coupes très souvent (rires!) et c’est vrai que les coupes courtes me donnent une image plus mature, plus douce . Sur cette pochette-là c’est vrai que je voulais montrer que j’ai grandit, j’ai évolué.
« Scrub« , « Ma moitié« , c’était bien mais à quand un nouvel album ? C’est pour cette année. Maintenant que j’ai plus de temps j’ai commencé à bosser dessus. C’est un album qui sera très personnel parce que je vais le produire moi-même, avec mon équipe : mon frère et mon père qui m’ont toujours épaulé.
J’ai envie de faire les choses bien et je vais prendre toute mon inspiration du début de l’année, je vais me remettre à fond dans l’écriture et je vais m’entourer de compositeurs que j’affectionne: Baby C qui a  fait « Célibat » et mon prochain single, Joé Dwet-filé jeune compositeur haïtien qui a composé mon dernier single Ma moitié, a composé aussi pour Yoan, a fait le duo avec Milca, et a une couleur que j’adore. Et aussi Kenny T…Je vais donc beaucoup travailler avec ces 3 compositeurs, parce que je veux que cet album soit beaucoup plus personnel. Je n’ai pas envie d’être influencée par les tendances actuelles.  j’ai vraiment envie de faire un album qui me plaise et dans lequel je vais partager toutes les choses que j’aime.
De quoi parler a-t-il ? Je vais parler de choses qui me concernent, d’amour bien évidemment parce que je ne conçois pas le zouk sans amour (rires!), l’amitié, mais aussi de déception parce que l’on en a tous. De mon île, la Guadeloupe. Sur mon précédent album il y avait un titre « An fé an rev », en référence au « I have a dream » de Martin Luther King, tout en créole, sur lequel j’avais fait jouer du Ka, et dans lequel je disais que je voulais que mon peuple soit plus soudé, qu’il avance uni. C’est important de connaitre ses racines, les sonorités traditionnelles pour notre patrimoine et notre culture, sinon ça va se perdre.
En quoi sera-t-il différent des précédents ? Beaucoup plus d’implication et là, le fait que je e produise, que je vais être au four et au moulin quelque part, je pense que ça te fait voir les choses différemment et prendre les choses plus à cœur. J’ai l’impression que ça sera mon premier bébé parce que là je vais tout diriger, j’ai besoin de m’imprégner du son, de donner mon avis et que le résultat me ressemble entièrement. Il sortira après les grandes vacances en fin d’année.
On a hâte ! Merci et à bientôt

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