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Violence policière : quand une enfant fait pleurer les adultes

Rédigé par

29.09.2016

On ne compte plus le nombre de Noirs morts sous les tirs de la police aux États-Unis. Keith Lamont Scott, un Afro-américain de 43 ans, a été abattu par un policier le 20 septembre dernier, sous les yeux de sa femme. Cette nouvelle victime de violence policière est une victime de trop.
Depuis, la ville de Charlotte en Caroline du Nord est secouée par des émeutes et des manifestations de citoyens qui réclament justice. Lors du conseil municipal de la ville, chacun a pu s’exprimer et parmi les cris de colère des adultes, c’est la voix fluette de Zianna Oliphant, qui a le plus raisonner. Cette petite fille née et élevée à Charlotte a donné son ressenti et expliqué les larmes aux yeux que les Noirs n’avaient pas à enterrer leurs parents ni être maltraités juste pour leur couleur de peau.

Le discours d’une mini queen contre la violence policière

C’est le 26 septembre, lors du conseil municipal que Zianna est montée à la tribune pour s’exprimer, avant de laisser faire les adultes. Âgée de 9 ans seulement, la fillette en a dit plus que des hommes politiques expérimentés, subjuguant l’assistance et tirant les larmes aux plus endurcis.
D’abord pleine d’assurance, Zianna Oliphant a fini par éclater en sanglots. Elle a déclaré : « Je suis venue ici aujourd’hui pour parler de ce que je ressens. J’ai le sentiment que l’on est traité différemment. Je n’aime pas la façon dont nous sommes traités, juste à cause de notre couleur de peau, pour moi ça ne veut rien dire. »
Après une pause elle poursuit : « Nous sommes des Noirs et nous ne devrions pas nous sentir comme ça. Nous ne devrions pas avoir besoin de protester parce que vous nous traitez mal. Nous le faisons cela parce qu’il le faut et que nous avons des droits. Je suis née et j’ai grandi à Charlotte et je n’ai jamais ressenti ça jusqu’à présent. »
Après quelques encouragements, Zianna en vient au fait le plus important. À savoir l’assassinat de sans-froid d’hommes et de femmes qui ont le malheur d’être noirs. Elle déclare : « C’est une honte que nos pères et nos mères se fassent tuer et qu’on ne puisse plus les voir. C’est une honte de devoir aller au cimetière et les enterrer. Et que l’on verse des larmes, nous ne devrions pas avoir de larmes. Nous avons besoin que nos pères et nos mères soient à nos côtés. »
Enfin, c’est sous les applaudissements que la petite Zianna Oliphant descend du pupitre. Et le lendemain, elle s’est à nouveau exprimée, faisant preuve d’une incroyable maturité.

Zianna Oliphant fière d’avoir laissé parler son cœur sur la violence policière

Le lendemain de son poignant discours, Zianna a donné une interview après l’école à NBC News. Et elle a maintenu ses positions en déclarant : « Tout ce que nous voulais ce sont les mêmes droits et être traités de la même manière que les autres. J’étais un peu nerveuse, alors j’ai décidé de monter là-haut et de dire ce que je ressens. J’étais émotive, parce que j’ai dit est puissant. C’est pour ça que j’ai commencé à pleurer. »
À ceux qui accusent la petite fille d’avoir été instrumentalisée par des adultes, sachez qu’elle n’a fait que dire ce qu’elle avait sur le cœur. Et on ne peut à peine imaginer l’état d’esprit d’enfants qui grandissent avec la peur un jour de voir un proche abattu ou d’eux-mêmes tomber sous les balles d’hommes en uniformes.

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