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Gisèle Pineau, l'écrivaine-infirmière

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1.03.2017

Gisèle Pineau est née le 18 mai 1956 à Paris de parents guadeloupéens dans une famille de 6 enfants. Son père, militaire de carrière, avait en 1940 répondu à l’appel du 18 juin et s’était s’engagé dans les Forces françaises libres pour combattre l’armée allemande. Après la guerre il reste dans l’armée et en 1961, après son mariage et un séjour au Congo, il retourne en Guadeloupe où il retrouve sa mère.
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Gisèle est très attachée à sa grand-mère « Man Ya », femme battue par son mari que Gisèle appelle « le bourreau ». Quand la famille retourne vivre en France, avec « Man ya » qui est soustraite à la violence de son mari, elle lui raconte la Guadeloupe, son histoire, ses contes, ses mystères. Elle est une figure récurrente de son œuvre et on la retrouve dans « L’exil selon Julia » et dans « Un papillon dans la cité ».
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En 1970 son père, déçu par le Non de la France au Référendum proposé par le président Charles de Gaulle, demande sa mutation pour les Antilles. La famille retourne aux Antilles et de 1970 à 1972, vit en Martinique où Gisèle redécouvre sa culture, sa langue : le créole et son patrimoine historique qui apparaissent dans « Femmes des Antilles », « Traces et Voix, 150 ans après l’Abolition de l’Esclavage », essai sur la condition sociale des femmes antillaises dans l’histoire. Son père prend sa retraite en 1973 et la famille s’installe définitivement en Guadeloupe.
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Confrontée très jeune à Paris au racisme à l’intolérance et aux problèmes d’identité, Gisèle Pineau consacre une partie de son temps à l’écriture pour tenter de s’évader et de trouver le bonheur dans ses histoires. Subis chaque jour, ils nourriront son oeuvre qu’elle destine tant à un public adulte que jeune, dans l’écriture de laquelle sont mis en scène des personnages en but à la violence et l’injustice.
GisèlePineau y poursuit ses études où en 1975 elle obtient son bac de lettres puis elle retourne à Paris pour s’inscrire à l’Université de Nanterre où elle suit un cursus de Lettres modernes, dans l’objectif de devenir enseignante. Mais elle abandonnera 2 ans plus tard faute d’argent, et reprendra des études d’infirmière en psychiatrie jusqu’en 1979. Elle se découvre une nouvelle vocation et apprend à accompagner les personnes aux parcours de vie difficile.

Simone Schwarz-Bart, Gisèle Pineau, Jamaica Kincaid et André Schwarz-Bart . (Photo Tchisseka, Guadeloupe, juin 2006)

Simone Schwarz-Bart, Gisèle Pineau, Jamaica Kincaid et André Schwarz-Bart . (Photo Tchisseka, Guadeloupe, juin 2006)


Après s’être mariée, Gisèle Pineau regagne la Guadeloupe où elle devient mère de 2 enfants et travaille comme infirmière en psychiatrie au Centre hospitalier psychiatrique de Saint-Claude pendant près de 20 ans. Elle se réinstalle à Paris 2000, menant parallèlement à sa carrière médicale, celle d’écrivain.
« La Grande drive des esprits », son premier roman parait en 1993. Gisèle Pineau dévoile au grand jour un style propre et son regard sur la condition des femmes antillaises : leur souffrance, leurs violences et espoirs.
Elle devient le premier écrivain féminin à obtenir le prix Carbet de la Caraïbe et reçoit en 1994 le Grand Prix des lectrices de Elle. En 1995 elle publie « L’Espérance-macadam » pour lequel elle reçoit un prix RFO, en 1996 sort « L’Exil selon Julia » pour lequel elle reçoit les Prix Terre de France et Prix Rotary, et en 1998 « l’Âme prêtée aux oiseaux ».

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En 1999 Gisèle Pineau  assure la présidence du Prix du Livre insulaire d’Ouessant. En 2002, elle reçoit le Prix des Hémisphères-Chantal Lapicque pour « Chair Piment »pour participer au rayonnement de l’usage de la langue française à travers le monde.
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En 2005 elle sort « Fleur de Barbarie », inspiré de la vie de Joséphine Baker et parle du parcours d’une femme en lutte contre l’injustice et les atrocités du monde. En 2006 elle est faite Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres et en 2011 elle reçoit le Prix Carbet des lycéens pour « Folie, aller simple : Journée ordinaire d’une infirmière ».
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La bibliothèque Georges Castera du Limbé lui a décerné en novembre 2016 le prix littéraire Joseph D. Louis, pour son roman « Les Voyages de Merry Sisal » en lui remettant la clef de la ville. En 2016, elle sort un nouvel ouvrage, « La Guadeloupe à travers la carte postale ancienne », très beau livre qui regroupe plus de 400 cartes postales anciennes, de la Guadeloupe du début du XXè siècle.

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Une auteure à lire de 7 à 77 ans

 

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