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Battledream Chronicle : le 1er film d’animation martiniquais

Rédigé par

27.08.2015

 
En l’an 2100, l’empire de Mortemonde colonise la quasi-totalité des nations de la terre et réduit leur population en esclavage. Les esclaves sont contraints de collecter 1000XP chaque mois au Battledream, un jeu vidéo dans lequel on peut réellement mourir….
https://youtu.be/54wNXI_7qiQ
Alain Bidard, réalisateur martiniquais spécialisé dans le film d’animation 3D, n’en est pas à son premier coup d’essai. Après plusieurs distinctions, il aura mis près de 7 ans à offrir au public ce véritable défi cinématographique. Battledream Chronicle aborde d’un œil nouveau un pan de notre histoire soutenu par le champ de la science-fiction. « Les périodes esclavagiste et post-esclavagiste de l’histoire martiniquaise sont relativement complexes et en parler sans faire dans le didactisme était le plus grand défi de la phase d’écriture du scénario. Il fallait éviter d’adopter la lourdeur d’un manuel d’histoire et rendre le scénario aussi excitant que ce qu’on peut voir dans un film Marvel ou dans un film d’animation japonais » explique le réalisateur. Une prouesse dont le scénario passionnant reste accessible à tous peu importe son âge, sa culture ou son origine ethnique.

Les héros de Battledream

Les héros de Battledream


Ainsi, les aventures de Syanna, Alytha, Kyzer, et tous les autres nous plonge dans un univers à mi-chemin entre l’immuabilité de la mort, avec Mortemonde, et la capacité à façonner sans fin ses propres rêves via l’idéologie de Sablereve. Malgré les difficultés financières et techniques, le film est doté d’un véritable code couleur, d’un design architectural unique, et d’une ambiance singulière.
Le film a reçu un franc et chaleureux accueil lors de sa 1ère diffusion chez nous. Il a su surprendre et toucher en plein cœur, rehaussant encore plus la fierté collective. « Le succès auprès du public et des médias m’a agréablement surpris parce que ni l’animation, ni la science-fiction n’avaient jamais été abordées dans le cinéma antillais. J’ai donc joué un coup de poker en créant cette histoire, en nous projetant dans le futur alors que l’ensemble de nos œuvres filmiques se concentrent sur notre passé et notre présent. Ce succès en festivals est également une agréable surprise car les films d’animation en compétition sont bien souvent des grand films de studios contre lesquels on ne rivalise ni en ressources humaines ni en budget. C’est donc un grand honneur et une grande satisfaction pour moi de voir que notre culture plait également au reste du monde en dépit de nos petits moyens » surenchérit Alain Bidart.
Battledream, le film d'animation martiniquais

Battledream, le film d’animation martiniquais


Battledream Chronicle a été sélectionné dans un peu plus d’une dizaine de festivals jusqu’à présent. Et il sera bientôt honoré lors du Black Genius Festival à Paris à la fin du mois d’octobre prochain. A noter également que le film d’animation n’est que le premier chapitre d’une trilogie. Les salles hexagonales auront peut-être bientôt la chance d’accueillir ce chef-d’œuvre et tout le succès qu’il mérite.
Le Mot du réalisateur
« Je vis en Martinique. Et l’espoir est en train de s’en aller. On ne croit plus en nous. On a foi en l’autre mais on n’a plus foi dans nos capacités à déplacer nous-même des montagnes. A nos projets d’avenir, nous nous obstinons à appliquer des méthodologies adaptées à d’autres sociétés et nous sommes surpris que ces méthodes échouent ici. Nous nous retranchons dans l’illusion de l’orgueil, convaincus d’y avoir trouvé les fondations de notre dignité. Nous avons peur. Peur de créer. Peur de s’exprimer. Peur de pousser trop loin l’audace et la hardiesse. Peur de se retrouver devant une feuille blanche à devoir ré-imaginer ce que nous sommes parce que plus personne ne nous influence ou nous pointe du doigt une éventuelle direction. Alors j’ai eu envie de faire passer un simple message à cette Martinique qui ne sait plus d’où viendra sa lumière. J’ai eu envie de lui dire que ses mains sont capables de changer le monde, j’ai eu envie de lui dire de croire en elle de toutes ses forces et de se préparer à rester debout quoiqu’il advienne. Et que cette lumière qu’elle cherche désespérément, c’est elle qui en est la source. Un message qui, à mon grand bonheur, a également trouvé un écho bien au-delà de nos frontières et de notre culture. »
http://www.battledream.com/
https://www.facebook.com/battledreamchronicle/timeline

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